Une certitude : la matière est belle

Vendanges du rond-point des Mourvèdres

J.P. (jpoillot@nicematin.fr)

La 14e édition des Vendanges du rond-point des Mourvèdres, hier à La Cadière, a été l'occasion de parler de la récolte 2013. Plus que jamais, patience et expérience étaient essentielles.

Circulation oblige, seule une petite partie du monde viticole gravitant autour de l'appellation Bandol (et quelques personnalités locales) était réunie hier matin, à La Cadière. Pour la 14e année, l'association des Vins de Bandol organisait les symboliques vendanges sur le rond-point des Mourvèdres, où sont plantés 225 pieds du fameux cépage-roi. Symbolique d'abord parce que le jus récolté, pressé et dégusté sur place, n'a pas vocation à être vinifié. Et, surtout, pour rappeler que le Bandol est aujourd'hui encore entièrement récolté manuellement. Ainsi, plusieurs vendangeurs en costume provençal ont ½uvré pendant près d'une heure, à l'ancienne, sur les airs traditionnels joués par le petit groupe folklorique cadiéren, L'Escolo. Au milieu de joyeuses retrouvailles, sécateurs à la main, on a cueilli avec soin chacune des grappes, avant de les déverser dans les seaux, qui attendaient d'être remplis sur les attelages tirés par des chevaux, avant le foulage et le pressurage.

"Une certitude : la matière est belle"

Puis Jean-Sébastien Thiollier, président des Vins de Bandol, a parlé de ces vendanges 2013. "Compliquées", résume-t-il. "Ce sont certainement les maturités les plus longues depuis plus de 10 ans !" La faute à "un printemps froid et bien arrosé", qui n'est pas vraiment parvenu à réchauffer "un hiver long"... Il poursuit : "Pour beaucoup, le début des vendanges c'était pour la deuxième semaine de septembre. Là, il a fallu compter avec la pluie du samedi 7 et du dimanche 15. 40 mm par ci, 130 mm par là, il a fallu attendre que les sols sèchent (...) Puis il y eut le week-end des 21 et 22 septembre, exceptionnellement sec et le cycle infernal des week-ends pluvieux a repris son cours. » Mais la bonne gestion de ces aléas (attente, décalage, précipitation...) et un mistral venu sécher les parcelles et empêcher les maladies, a tout de même récompensé nos vignerons par « des baies gonflées, donc plus de jus"... L'essentiel est sauf : "C'est une certitude : la matière est belle".

Certains domaines n'ont pas cependant pas encore terminé le labeur, mais ça ne saurait tarder, si le soleil veut bien se donner la peine... Cette année aura donc donné lieu à quelques sueurs froides et mis les nerfs à rude épreuve : "Mais d'évidence, ce sont de vraies vendanges de vignerons, un défi pour les passionnés qui connaissent par coeur leur parcelle et qui ont pu exprimer vraiment leur talent", a souligné l'heureux président.

J.P. (jpoillot@nicematin.fr)



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