Un festival au-delà des espérances !

Les artistes

Festival PhotoMed

Le photographe anglais Martin Parr, invité d'honneur, nous montre une étude sociologique du développement du tourisme de masse en Méditerranée à travers les clichés de ses concitoyens se laissant grillés sur les plages de Benidorm. Son ½il sarcastique ne nous épargne rien des corps qui transpirent de chaleur, de suffisance, de conformisme dans une sorte de festival kitsch parfaitement stéréotypé. Il se moque de ses compatriotes - c'est pour cela que les français m'aiment bien, dit-il - mais au-delà c'est à nous tous qu'il s'adresse, qui sommes tellement prompts à épouser des modes décervelantes et accablantes. Il dit aimer la Méditerranée "où il fait bon vivre, où il y a toujours du soleil et avant la vie n'était pas chère, maintenant il n'y a plus que la bière qui est abordable !".

Simon Edwards, Martin Parr et Jean-luc MonterossoExpo Martin Parr à St-Nazaire

Dans ce premier Festival PhotoMed tous les photographes méritent le détour et chacun en fonction de sa sensibilité ou de son vécu y trouvera de quoi satisfaire sa quête mais je ne peux pas terminer ce papier sans parler de deux jeunes photographes dont la démarche m'a personnellement interpellée, Nicolas Henry et Jean-Baptiste Sénégas.

Photographe ou sociologue ?
Nicolas Henry s'en va de part le monde à la rencontre des "Papys", avec eux il construit une cabane, la cabane de leur enfance, puis il les photographie à l'intérieur avant de les interviewer sur eux, leur famille, la société dans laquelle ils ont vécus… On a tous fait des cabanes quand on était gamin et quand on est papy il faut faire un sacré chemin à rebours pour retrouver l'esprit et l'atmosphère de cette époque et ça doit en remuer des souvenirs !! Et quel résultat, quelle émotion devant ces photos de papy dans sa cabane qui ressemble tellement à ce qu'il est et à tout ce qu'il à vécu.

Jean-Baptiste Sénégas, photographe éclairé.
Jean-Baptiste Sénégas fait partie de ces photographes qui chaque jour réinventent leur art. Il faut aller voir ses photos sur l'île des Embiez. Vous y verrez des images au rendu très particulier, des paysages où la mer bouge entre les rochers immuables où les feuilles bruissent au vent portées par un arbre rigide.

Pour obtenir ce résultat le photographe a recours aux procédés anciens, temps de pose long, grand format, beaucoup de temps consacré à la préparation et à la réflexion. Une chambre photographique acquise chez un antiquaire lui sert à faire ses prises de vue, les plaques de cette dimension sont introuvables, qu'importe, il se les fabrique lui même à l'aide d'une plaque de verre trempée dans une solution argentique après l'avoir badigeonnée d'une couche gélatineuse. 1 ASA, c'est la sensibilité de l'émulsion qui en échanges de ces temps de pose démentiels va révéler des détails insoupçonnés et faire vivre l'image dans une ambiance chargée d'émotion.

Le premier métier de Jean-Baptiste Sénégas consiste à soigner des tortues, aujourd'hui il dit naviguer entre les soins apportés aux tortues marines et la photographie, il croit s'occuper des tortues mais c'est elles qui se sont occupées de lui et l'ont converti à explorer les enseignements du temps qui passe.

Gérard Normand©2011

Jean-Baptiste Sénégas à BendorLes artistes et certains officiels à l'Espace St NazaireSur le port de Sanary
<< L'inaugurationSuite >> du 27 mai au 12 juin 2011


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