Photomed 2011 - Les Artistes

Photographes Méditerranéennes

© Melisa Önel

Un travail de mémoire relie ces trois femmes photographes qui, chacune à sa manière, tente d'exorciser les fantômes du passé.

Melisa Önel


Atelier des Artistes
Dans sa série "Clouds of a Different Time", Melisa Önel aborde de façon métaphorique la notion de traces. Elle traque ainsi les indices d'une vie révolue que les gens ont dû abandonner pour des raisons politiques, économiques ou autres et les recouvre d'un voile évoquant un linceul mortuaire. Représentation de la mémoire personnelle, ce drap blanc translucide laisse apparaître les éléments d'une activité antérieure. Photographie de famille, éléments décoratifs, accessoire du quotidien... Une série poétique sur l'importance du souvenir.

Le déguisement, 2009 © Carolle Benitah<br />représentée par la Galerie 127 de Marrakech

Carolle Benitah


Atelier des Artistes
Carolle Benitah, elle, se penche sur son propre passé qu'elle réinterprète en fonction de son vécu et de son présent. "Dans un premier temps, j'exécute un travail de fouille. Telle une archéologue, j'exhume des albums de famille et des boîtes à chaussures pleines de photographies les images où je figure. Je choisis des instantanés parce qu'ils sont liés au souvenir et à la perte. Je classe les photos, les ordonne, je les numérise, les recadre parfois et je les imprime. Une fois tous ces éléments réunis, le travail d'interprétation intervient. Je me penche sur ma propre histoire avec parfois jusqu'à 30 ans de recul et le vécu qui modifie la perception des événements. Le passé d'un être humain, à la différence des vestiges de quelque temple antique, n'est ni fixe ni fini, mais reconstitué par le présent."

Ornela Vorpsi


Atelier des Artistes
Ornela Vorpsi, enfin, tente, à travers portraits et autoportraits, de lever les souvenirs, de susciter chez le modèle une expérience intime. "Dans la plupart des images, les femmes sont seules dans des espaces vides qui représentent l'être entre l'intérieur et l'extérieur, la mémoire ou la substance. Les modèles ne sont pas des professionnelles, mais tout simplement des amies de la photographe qui sont présentées comme des emblèmes d'une expérience personnelle, plutôt que comme des objets d'étude. En fait, il n'y a rien de passif dans ces poses, les femmes sont des protagonistes de leur propre espace et, malgré leur nudité, nous sommes incapables de les observer avec un oeil de séduction. Bien que ces images dégagent une certaine sensualité, elles provoquent surtout des réminiscences du passé."
Gianni Romano

<< Sur les Rives de L'AdriatiqueSuite >> Claude Nori et Alain Kantarjian


english deutsch italiano russian russian

Informations générales